ART DOSE : L’interprétation des détails du quotidien par SOVANN KIM

L'artiste Sovann Kim dans son atelier
Sovann Kim dans son atelier

Sovann Kim explore notre environnement avec une poésie discrète. À partir d’éléments ordinaires, végétaux, aliments, minéraux, il révèle, grâce au numérique, la beauté cachée de leurs structures et de leurs textures, comme un langage ou un code architectural. Ce processus fait naître un dialogue subtil autour de la métamorphose et de la décomposition des formes.

Son travail a été présenté dans plusieurs grands rendez-vous internationaux de l’art contemporain, parmi lesquels Art Basel, la FIAC à Paris ou encore ARCO à Madrid. Ses œuvres ont été représentées par la galerie Catherine Putman à Paris. Il a également exposé dans des institutions prestigieuses, comme le musée des Beaux-Arts de Nancy et la Triennale de Biella, en Italie. Ses œuvres figurent aujourd’hui dans de nombreuses collections publiques et privées, notamment celles des artothèques de Caen, La Rochelle, Amiens, La Roche-sur-Yon, Hennebont, ainsi que dans la collection Axa Art.

Votre travail s’appuie sur des éléments ordinaires (végétaux, aliments, minéraux) que vous transformez via une écriture digitale. Qu’est-ce qui vous attire dans ces éléments du quotidien?

C’est justement cette notion d’«ordinaire» qui m’intéresse, ces petites choses auxquelles on ne prête pas beaucoup d’attention. J’ai besoin de m’arrêter régulièrement sur elles et de les regarder de plus près, tout se ralentit, c’est comme arrêter le temps. Ces éléments ont une telle complexité structurelle pour peu qu’on les observe avec les outils adéquats, ce sont de véritables architectures comportant une ossature très évoluée et consolidée par des parois d’une grande finesse, à la manière de micro-édifices. Ils peuvent susciter un profond imaginaire.

Fleur animale, édition, 70x90cm / Quais de Brumes, édition, 105x105cm / Disparition jour 16, édition, 105x105cm

Vos œuvres sont souvent à la frontière entre abstraction et figuratif. Comment travaillez-vous ce cheminement entre ce qui est identifiable et ce qui reste plus mystérieux ?

Cette frontière est ce qui semble en effet le plus caractéristique de mon travail. D’une part, on ne saisit pas de suite si c’est une photo ou une peinture, une gravure ou un dessin…sans doute parce que je suis attaché à l’idée de décloisonner les différentes disciplines artistiques et leurs modes d’expression. C’est enrichissant de mon point de vue.

Ensuite cet imaginaire suscité par le sujet évoqué plus haut « m’emporte » très souvent vers un résultat inattendu. Je ne sais absolument pas au départ de chaque travail le chemin que cela va emprunter, comme une exploration intuitive avec des possibilités infinies. Il y a une étape clé quand l’image dévoile une ambiguïté entre une certaine réalité, tout en évoquant par exemple un paysage improbable mais néanmoins plausible, que je m’autorise à poser le stylet. Cette frontière entre notre perception du réel confrontée à une virtualité improbable mais plausible est intéressante, non ? C’est je crois cette juxtaposition et ambiguïté que je recherche.

L’arbre noir, édition, 70x90cm

Pouvez-vous décrire les outils numériques que vous utilisez et comment ils modifient (ou enrichissent) votre regard, votre geste ou votre composition ?

La première étape de mon travail est de scanner à haute résolution les sujets tels que : végétaux, aliments… Le scan est réalisé à partir du sujet réel et non de sa photographie. Ce qui me permet d’avoir toute sa structure extrêmement détaillée. Ensuite je ne me mets aucune limite entre les outils numériques à ma disposition, parmi ceux que je maîtrise.

La conjugaison de ces deux étapes est déjà assez propice à l’imaginaire : travailler à partir d’un sujet réel et souvent vivant, et la transplanter au cœur d’un univers numérique, c’est-à-dire virtuel.

L'atelier

L’atelier

C’est ensuite une exploration intuitive grâce aux possibilités infinies de l’outil numérique. C’est sans doute cette « complicité » entre les différents outils et cette approche intuitive que mon travail peut renouveler et s’ouvrir vers d’autres possibles. La série des « Élévations » est un des exemples : le scan des cartes d’état major du 18è et 19è siècle a donné naissance à une longue série qui est toujours en cours, dont les « Monolithes » font partie comme une suite naturelle.

Elévation – Le Monolithe, édition, 119x84cm / Les Monolithes #4, édition, 119x84cm / Elévation – Le Puy, édition, 84x119cm

Quels sont les projets qui vous inspirent pour vos prochaines créations ? Y a-t-il de nouveaux supports ou de nouvelles directions que vous souhaitez explorer ?

Les nouvelles créations sont souvent issues d’une expérience vécue dont l’intensité m’a marqué, comme le cas des « Elévations » que j’ai commencé il y a quelques années après avoir randonné seul dans le territoire du Cantal. Le paysage était tel qu’il m’imposait d’explorer sa complexité et beauté en le traduisant à ma manière. Les œuvres qui évoquent le coquelicot participent de la même émotion à chaque début de printemps, c’est en quelque sorte un rendez-vous saisonnier de création en hommage à leur venue et leur apparition éphémère. Ils sont comme une offrande à notre égard que je me sens obligé de leur rendre. Les nouveaux projets qui m’inspirent seront ainsi dans le vécu de nouvelles émotions à venir…

Contact 2
Contact #2, édition, 70x 90cm

Quel message ou quelle émotion espérez-vous que le spectateur retienne après avoir vu votre travail ?

Vraiment, je n’ai pas de message particulier à transmettre à travers mon travail, c’est avant tout mon propre ressenti sur ce qui m’entoure et qui se matérialise sous forme d’images. Je suis touché lorsqu’elles convoquent l’émotion auprès de certaines personnes.

l'atelier
L’atelier

Si vous ne deviez garder qu’une seule de vos œuvres, laquelle choisiriez-vous et pourquoi ?

C’est une question qu’il m’est impossible de répondre. Ces œuvres m’entourent dans mon atelier, chacune raconte leur petite histoire, ce sont mes compagnons au quotidien !

Je vous retournerai plutôt la question.

«J’ai été tout de suite attirée par la série des Monolithes car une sorte de mystère se dégage de ses œuvres. J’aime beaucoup l’effet hypnotisant de « Les Monolithes #3« .» Loïse

les monolithes 3
Les Monolithes #3, édition, 119x84cm

Pour découvrir davantage d’œuvres de Sovann Kim, rendez-vous sur son site http://www.sovannkim.com/ et suivez son actualité sur Instagram @sovannkim.atelier

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